C'est donc récemment, après avoir joué à Silent Hill 1 et 3 et avoir vu le film que j'ai voulu me lancer dans l'écriture d'une histoire utilisant cette univers. J'ai aussi voulu m'approcher du style de Lovecraft.
Bien sûr, je ne détiens aucun droit sur l'univers de Silent Hill, je me suis octroyé le droit de l'utiliser à ma guise.
Sinon, pour les gens les plus inspirés, j'ai glissé quelques références. À vous de trouver le passage ainsi que ce à quoi je fais référence.
Bonne lecture.
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La côte de bœuf avait un goût excellent, mais le pinot noir était médiocre, un sous-cépage qui ne vaut en rien les vins d’Alsace. Le pain était petit et noir et rassis, comme le pain sans levain que décrivait Primo Lévi, il gâchait ma tranche de foie gras… En dessert, il m’avaient accordé du pain perdu, il était délicieux…
Je ne sais pas pourquoi, j’ai jeté mon verre sur mon meilleur poster de Playboy… C’est ridicule…
Après une sieste digestive ma foi fort reposante, je passe en revue tous mes biens, rien ne manque. J’en profite pour me recoiffer avec la moitié de peigne que m’a eu Kent. J’aimerais bien être à sa place…
C’est l’heure. La chanson de cette jeune Nigériane me trotte dans la tête, quelle ironie… Ils m’emmènent dans cette pièce, me sanglent. J’ai vécu ça tant de fois déjà et pourtant, je ne m’en lasse pas. Aujourd’hui, je suis aux premières loges.
Tout le monde est poli avec moi… fumiers hypocrites…
J’entre dans la danse mais nous voilà déjà à la dernière mesure.
Un bruit métallique résonne, “tac”, ouah, le trip! Et soudain… rien
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Je sais que cette chambre n’est pas la mienne, mais elle m’est pourtant si familière… Une vilaine migraine me vrille les tempes. La vue encore brouillée par ce qui semble être les réminiscences d’un long sommeil, je scrute le plafond de la chambre. C’est un papier peint grotesque de la même espèce que ceux que l’on trouve dans ces motels miteux, un beige sale piqueté de tâches de moisissures et de traces d’infiltration d’eau me soulève le coeur.
Me redressant à grand peine au bord du lit, je suis pris d’une frénésie qui m’échappe, mû par un quelconque instinct, je plonge ma main entre le lit et le sommier et en retire une sorte de poignard “fait-maison”; la lame est translucide, comme du plastique ou du Plexiglas travaillé afin d’y faire apparaître un tranchant, il n’y à pas de garde et le manche est entouré de sparadrap médical pour le pas glisser entre les doigts. Une fois ma trouvaille empochée, je titube vers la salle d’eau adjacente à la chambre dans le vain espoir de me faire couler un bain mais le liquide croupi qui s’échappe de la tuyauterie m’en décourage. Des questions se pressent dans mon esprit embrumé; où suis-je? depuis quand étais-je endormi? Pourquoi suis-je au bord de la crise de nerf comme si, paradoxalement, je n’avais pas dormi? Trivialement, j’ai chassé ces interrogations d’un coup de pied dans le siphon du lavabo.
La douleur s'immisce de plus en plus sous mon chef depuis que des relents de rouilles aient profité de mes accès de colère pour s’échapper de la plomberie décatie. Par bonheur, une armoire à pharmacie gît au dessus du lavabo, mais je n’y trouve rien, que des pilules inconnues, un kit de premiers secours et du matériel de petite chirurgie. Il semble bien que je doive faire avec…
À bout de forces, je rejoins le lit. Je ne sais pas combien de temps à passé, mais quand je rouvre les yeux, la douleur n’est qu’atténuée. J’ai toutefois recouvré assez d’énergie pour me relever. Je vais voir si je peux trouver quelqu’un qui ait de quoi me requinquer mais la porte de la chambre refuse de s’ouvrir et je ne trouve aucune clé. Je suis enfermé!
Saisi d’horreur, je tente, sans succès de forcer la serrure. N’arrivant pas non plus à l’enfoncer, je me tourne vers les fenêtres, mais la seule chose que je devine au travers du tain verdâtre est une paire de volets de fer patinés de rouille.
Quelqu'un viendra bien me chercher… En attendant, je vais me contenter de regarder la télévision; je ne capte qu’une seule chaîne, qui, étrangement, ne diffuse que mes émissions préférées, mais la réception devient régulièrement neigeuse.
Déjà approximativement une semaine que je croupis dans cet appartement. Je ne comprend pas ce qui se passe, à chaque fois que je m’endors, quelqu’un vient remplir le frigo, bouge des objets, éteins la télévision. J’ai beau avoir tenté de résister au sommeil, rien n’y fais, dès que je sombre, Il vient. Aujourd’hui, la télévision diffuse un film Coréen. Je me décide à faire comme le héros, j’entame un journal intime en espérant qu’il me permette de rester sain d’esprit malgré l’enfermement.
Dixième jour, aujourd’hui, je fouille l’appartement de fond en comble. Je trouve dans le vide-poches à côté de la porte un plan touristique de la ville de Silent Hill, dans le salon, rien d’intéressant mis à part des photos argentiques annotées; elle représentent différent lieux de Silent Hill. Dans la cuisine, hormis les ustensiles courants et la nourriture, rien. Dans le placard à ballais, je trouve une boîte à outils fermée par un cadenas et une lampe torche pliable comme celle des militaires.
Aujourd’hui, ça fera approximativement un mois que je suis enfermé ici. J’entend d’étranges bruits de l’autre côté de la porte d’entrée, mais, je suis incapable de voir ce qui se passe car la porte ne comporte pas de judas. La télé ne fonctionne pas; elle me dispense généreusement de la neige. Ça va être une longue journée…
J’avais tort! Dans l’après-midi, les bruits se turent, mais la réception de la télé empira. Soudain, un bruit de clés, instinctivement, je me plaque derrière la porte du salon en dégainant mon poignard de façon à pouvoir observer l’entrée sans être vu.
La porte s’ouvre sur un mastar de plus de deux mètres. Ce qui me frappe de prime abord, c’est son invraisemblable musculature tapissée d(une peau au cuir diaphane, presque cadavérique. Il porte une sorte de tablier de cuir sale en tant que cache-sexe, une paire de mitaines et surtout un masque, comme ceux qu’arborent certains sadomasochistes ou encore les bourreaux. Le plus étrange est le fait que son masque semble hermétique, serré autour du cou et sans orifices, ni pour les yeux, ni pour respirer mais cela ne semble pas lui poser de problèmes pour s’orienter.
Après une poignée de secondes aussi longues que des heures, le géant pousse une sorte de feulement macabre et se dirige vers moi, soudainement, il pulvérise d’un coups de poing le mur contre lequel je me blottissais, m’envoyant paître au milieu de la pièce. Me relevant péniblement, j’évite de justesse son énorme main qui cherchait à m'attraper et lui plante mon poignard sous l’aisselle de son bras tendu, ce qui à pour effet de lui arracher un rugissement, je ne dirais pas que c’était de la douleur, mais plutôt de la rage. Malgré la blessure, il réussit quand même à m’asséner un coups de coude, me faisant lâcher mon arme de fortune et me faisant choir à proximité. Étourdi, je n’arrive plus à me relever. Il m’attrape par le collet et me jette comme un sac d’ordures au travers du chambranle de la porte d’entrée. Le choc avec le mur du couloir jette voile de noirceur sur mon esprit.







